Présentation du métier de cycliste professionnel

Aujourd’hui ça ne sera pas une interview décalée mais une présentation de métier. C’est le cycliste professionnel de la FDJ, Pierre-Henri Lecuisinier qui a accepté de présenter son métier de cycliste professionnel.

1-Quelle école doit-on faire, combien d’années d’etudes y a-t-il?

P-H Lecuisinier:  » Il n’y a pas vraiment d’études spéciales à réaliser, le principal critère de recrutement étant le niveau sportif. Cependant il faut choisir une classe Sport-études avant et/ou après le BAC. Afin de se faire repérer par les équipes professionnelles. Il est recommandé de passer entre 1 et 6 ans dans une équipe amateur dite de « Division Nationale » où s’affrontent les meilleurs coureurs amateurs de chaque générations, les meilleurs accèdent ensuite au statut professionnel. »

2-Peut-on se specialiser, obtenir un diplôme en plus?

P-H Lecuisinier: « On ne peux pas obtenir de diplôme supplémentaire, en revanche selon ce que l’on est, un équipier ou un leader il y a des différences de salaires. Encore une fois cela se joue sur le niveau physique. Meilleurs sont les résultats et plus haut sera le salaire. Il est possible de se spécialiser effectivement soit dans le sprint, soit en montagne, soit dans le contre-la-montre ou encore dans les échappées au long cours on appelle cela les baroudeurs. »

3-Le salaire moyen par mois? Peut-on avoir des primes?

P-H Lecuisinier:  » Le salaire moyen varie entre 2000€ par moi pour un néo-pro et 200.000€ par mois environ pour les stars du peloton comme Contador, Sagan, Froome. Effectivement, il peut y avoir des primes qui s’ajoutent au salaire fixe d’un coureur en fonction des résultats individuels et/ou de l’équipe. »

4-Quels sont les jours travaillés, les horaires?

P-H Lecuisinier: « Il n’y a pas vraiment d’horaires fixes. Les entraînements quotidien durent entre 1h30 et 6h selon le programme fixé par l’entraîneur. Cependant lorsque le coureur descend du vélo son métier ne s’arrête pas là. Le coureur doit veiller chaque jour à son alimentation qui doit être la plus saine possible, à son sommeil qui doit être suffisant en qualité et en quantité et surtout à sa récupération et son repos afin de pouvoir poursuivre sa semaine d’entraînement dans de bonnes conditions physiques. »

5-Dans quel environnement se situe le métier?

P-H Lecuisinier: « Le cycliste habite et s’entraîne chez lui, c’est donc à domicile qu’il s’entraîne. Cependant son équipe l’emploie pour qu’il dispute des courses (entre 60 et 100 jours de courses selon les coureurs), sachant qu’il faut systématiquement arriver la veille de l’épreuve, qu’il y a également des stages organisé par l’équipe. Le cycliste est parti de chez lui environ 180-200 jours par an, presque systématiquement à l’hôtel. »

6-Dans quelle structure se déroule le metier?

P-H Lecuisinier: « Le cycliste signe un CDD avec une équipe qui est financée par un sponsor. Sur les courses, le cycliste est encadré par des Directeurs Sportifs qui établissent la tactique de course. Le staff comprends également plusieurs mécaniciens qui s’occupent des vélos et plusieurs assistants qui s’occupent eux des massages, des bidons, des ravitaillements. »

7-Y a-t-il un chef au dessus?

P-H Lecuisinier: « Oui bien sur, sur la course le chef est le Directeur Sportif qui établit la tactique de course. Le Manager Général (dans mon cas Marc Madiot) est lui responsable de la gestion de l’équipe dans sa globalité (staff, Directeurs sportifs, coureurs) mais il donne également son avis sur ce qui se passe en course. Ce manager général dépend lui même de la confiance qu’il s’est vue accordée par le sponsor (dans mon cas, la FDJ). Et par nos résultats mais aussi notre comportement qui doit être irréprochable, nous rendons cette confiance au sponsor.

8-Quels sont les risques pour la santé?

P-H Lecuisinier: « Le risque principal est celui de la chute ! En effet à part un casque et une paire de gants nous portons peu de protection car nous devons fournir un effort maximal et celle-ci sont gênantes, c’est pourquoi en cas de chutes on s’expose assez facilement à des bonnes plaies voir parfois à des fractures (la plus connue est celle de l’os de la clavicule car le premier réflexe du cycliste lorsqu’il chute est de mettre son bras en avant). En dehors des chutes, le cycliste peut développer certaines « maladies professionnelles » comme l’asthme à l’effort ou encore l’endofibrose illiaque (il s’agit de l’artère illiaque (au niveau de l’aine) qui se plis et qui commence à se boucher provoquant des douleurs anormales dans la jambe. cela intervient généralement au bout de 120.000km parcourus soit environ 4 ou 5 ans chez les professionnels. Certains auront se problème plusieurs fois dans leur carrière, d’autre jamais! Ce problème de santé nécessite l’opération chirurgicale, il n’y a pas de traitement par médicaments, l’opération est nécessaire si le cycliste veut poursuivre sa carrière. »

9-Qu’elle est l’avantage de ce métier?

P-H Lecuisnier: « L’avantage c’est que je vis de ma passion! Depuis l’âge de 13 ans je pratique le cyclisme c’était dans un premier temps un loisir puis c’est devenu ma passion principale et par la suite après avoir fais mes études en BTS Technico-Commercial en parallèles j’ai pu décrocher un contrat professionnel avec l’équipe FDJ.fr. Alors le gros avantage c’est que j’ai des contraintes mais que c’est un métier-passion et que ces contraintes c’est moi qui les ai choisi donc ça passe tout de suite mieux. » 

10- Quels sont les inconvénients de ce métier?

P-H Lecuisinier: « Les inconvénients dans ce métier sont : à chaque heure de la journée l’Agence Mondiale de Lutte contre le Dopage, doit savoir où l’on se trouve. Pour cela, il faut remplir de façon régulière un logiciel nommé ADAMS. Pour chaque jour on doit indiquer un créneau d’une heure et une adresse à laquelle on va se trouver pendant cette heure là. Autrement en dehors de ce créneau horaire (soit entre 6h et 22h) le cycliste doit être joignable à tout moment si un contrôleur veut effectuer un contrôle, si il n’est pas chez lui ou en déplacement un arrangement peut être trouvé comme une rencontre à mi-parcours etc. C’est vraiment le principal inconvénient car cela empiète parfois sur la vie privée. »

11- Comment se déroule une journée type?

P-H Lecuisinier: « Une journée type d’entrainement c’est un réveil pas trop tôt entre 7h30 et 9h selon les individus. Ensuite petit-déj, on s’accorde ensuite environ 1h de digestion (c’est moins important qu’en course car à l’entrainement il n’y a pas d’effort maximal dès le départ) Ensuite, il y a la séance d’entrainement à vélo qui dure entre 2 et 6h selon le programme défini avec l’entraineur. Lors du retour, douche puis selon l’heure le cycliste consomme un repas ou bien une collation pour tenir jusqu’au repas du soir. Si il s’agit d’une grosse séance ou à l’approche d’un objectif il peut y avoir massage par un kiné et quelques étirements. Le soir pour favoriser la récupération il est idéal de se coucher avant 23h ! »

Journée type de course: « L’heure du réveil dépend de l’heure de départ de la course. Exemple : Si le départ de la course est à 12h (dans la plupart des cas) Il vaut mieux ne pas se réveiller après 8h30 car le petit déjeuner se prends idéalement 3h avant le départ de la course pour avoir un temps de digestion assez long. Ensuite on va sur le lieu de départ avec soit le bus soit des voitures de l’équipe, la course dure entre 3h30 et 6h selon la distance, la difficulté et l’allure du peloton. Ensuite, si il s’agit d’une course d’un jour le cycliste est déposé par le staff à une gare ou un aéroport afin de regagner son domicile. En revanche s’il s’agit d’une course par étapes, une autre course commence afin de récupérer au mieux pour l’étape suivante ! Dans ce cas là, une fois arrivé au bus le coureur doit penser à se réhydrater et s’alimenter car il a perdu de l’eau et des sels minéraux durant la compétition. Une fois arrivé à l’hotel un massage est également pratiqué avant que les coureurs ne passent à table au plus vite afin qu’il y ait un temps de digestion assez important pour ne pas gêné le sommeil qui sera déterminant pour la prochaine étape. »

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