Sébastien Charon : Souvent les gens étaient surpris que cela se pratique en France

Il pète la forme comme s’il avait 20 ans. Licencié aux Dockers de Nantes, à l’époque FireBirds, depuis presque 22 ans, Sébastien Charon va raccrocher les crampons en fin de saison pour se consacrer à l’arbitrage et laisser sa place aux jeunes. Après avoir connu la belle époque de cette équipe Nantaise, notre quadragénaire partira avec des centaines de souvenirs, une encyclopédie. Malgré son manque de médiatisation, les gens commencent à s’intéresser à cette discipline qui procure des dizaines de sensations, un sport violent mais tellement plaisant, vous ne pourrez connaître ça si vous n’essayez pas. Aujourd’hui en D3 nationale, Sébastien Charon va essayer de pousser son équipe en division supérieure afin de partir sur un succès. Entretien avec la mémoire des Dockers de Nantes.

 

« J’ai encore la forme pour jouer cette saison qui sera la dernière. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Sébastien, comment vas-tu ? Pour commencer, peux-tu te présenter s’il te plaît ? 

S.C : Bonjour. Moi c’est Sébastien Sharon, j’ai 42 ans, je joue au football américain depuis que j’ai l’âge de 20 ans. J’ai essentiellement joué en ligne offensive et parfois en ligne défensive. Sinon ça va, j’ai encore la forme pour jouer cette saison qui sera la dernière.

Dans la lignée de l’interview avec Mehdi Le Vigouroux, c’est à toi de passer à la casserole (sourire). Tu es l’un des plus anciens joueurs de football américain aux Dockers de Nantes, comment expliques-tu cette longévité ? 

J’ai découvert ce sport par hasard, j’étais en fac d’histoire à l’époque où j’ai rencontré le président du club, qui portait le nom de FireBirds à l’époque avant de devenir les Dockers lors de la saison 1997 /98. J’ai testé et j’ai tout de suite accroché. J’y est découvert un sport technique, tactique où n’importe qui peut y trouver sa place si on s’y investit un minimum. Après le fait de jouer toutes ces années quasiment sans arrêter je pense que c’est dû surtout à ma passion pour ce sport, les sensations, le dépassement de soi qu’il me procure à chaque fois que je rentre sur le terrain.

On dit souvent que les joueurs de Football Américain sont jeunes, frais et que les anciens n’ont pas vraiment leur place, quel est ton avis sur ce sujet ? 

Je m’y attendais à cette question (sourire). A notre niveau actuel, la D3 nationale, je pense que l’âge n’est pas un facteur majeur du moment qu’on se donne les moyens, avec un peu de préparation physique, je fais du vélo et de la musculation en complément. Dans les niveaux supérieurs par contre je pense que cela joue plus et que les jeunes joueurs sont là pour vraiment chercher la performance, le niveau de jeu étant plus relevé donc il faut être un athlète et y consacrer énormément de temps pour rester au top avec les années, chose difficile à concilier entre le boulot, la vie de famille et le sport de haut niveau.

 

« Souvent les gens étaient surpris que cela se pratique en France. »

Tu es aussi devenu arbitre en parallèle de ta carrière de joueur, cette discipline fait vraiment partie de ta vie au quotidien n’est-ce pas ? 

En effet, je suis arbitre depuis plus de quinze ans et entre les entraînements, les matchs en tant que joueur ou en tant qu’arbitre, les formations d’arbitre et de travailler sur les livres des règles et des mécaniques d’arbitrage, cela prend pas mal de temps en effet. Après tout est une question d’organisation.

Certaines personnes ne trouvent pas ça trop envahissant ? 

Je pense que ma mère oui car mon père a longtemps été président du club, elle a géré la buvette pendant longtemps aussi. Mon frère est joueur ainsi que mon beau-frère qui a joué pendant longtemps et qui a repris le flag depuis deux ou trois ans. Donc les repas de famille arrivaient souvent sur le sujet. Je peux comprendre que cela puisse être envahissant.

Nous avions demandé à Mehdi comment réagissaient les gens lorsqu’ils apprennent que le football américain se pratique en France, quelles sont les réactions pour toi ? 

Souvent les gens étaient surpris que cela se pratique en France même si les médias actuellement s’y intéressent un peu plus maintenant. Cela reste quand même une discipline assez confidentielle. Le jour où ce sera une discipline olympique peut-être que l’on sortira de l’anonymat.

 

« C’est un peu comme une seconde famille. »

Qu’est-ce que t’a apporté ce sport ? 

Pour moi, c’est un peu comme une seconde famille qui m’a permis de rencontrer énormément de personnes de tous les horizons, de jouer dans des villes où je ne serais jamais allé. En ligne offensive, on est un peu à part car on a le sale boulot, on ne touche pas la balle du match mais si on n’est pas performant et bien cela ne marche pas. On se met au service de l’équipe, c’est aussi ça qui me plait dans ce sport.

Si on revient au fait d’être arbitre, c’est un domaine qui t’a passionné ? 

Disons que les premières années, pas plus que ça, mais c’est un de mes anciens coachs, Charles-Hurbain Payart, qui m’a donné l’envie de m’y intéresser et cela m’a donné envie de persévérer et de progresser vers le haut niveau dans l’arbitrage. J’espère pouvoir passer national d’ici deux ou trois ans.

Tu es l’ancien du club, tu as forcément des anecdotes marrantes à nous raconter… Un moment qui t’a marqué ? 

Je crois que je peux écrire un bouquin sur toutes les anecdotes que j’ai vécu depuis 22 ans. Après je pense que la période qui m’a le plus marqué c’est la période 2002, 2003 et 2004. La saison 2002/2003 car elle s’est conclue de la plus belle des manières avec un titre de champion de France de troisième division avec une finale qui a tenu tout le monde en haleine jusqu’au bout. La saison 2003/2004 était formidable aussi car nous étions sur notre lancée de notre titre et tout le monde voulait se farcir la petite équipe de province fraîchement promue en D2 nationale, sauf que nous avons gagné quasiment tous nos matchs de saison régulière sauf le dernier ce qui nous a obligé à traverser toute la France pour aller jouer les Black Panthers de Thonon les Bains en demie-finale, sachant que le vainqueur montait à l’étage supérieur. Je dois avouer qu’on s’est pris une sacré fessée mais ça fait de sacrés souvenirs.

Pour finir, que pourrions-nous te souhaiter de mieux pour la suite ? 

J’aimerai déjà que cette saison se passe bien et que l’équipe passe un cap sportivement, qu’on arrête de végéter et que dans un avenir proche le club puisse enfin s’installer au niveau supérieur et y rester pour de bon. Après comme je l’ai dit plus haut, j’aimerai vraiment passer arbitre national et pouvoir arbitrer des matchs de haut niveau.

 

Kentin

Photo : Envoyée par Sébastien Charon

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