Oréane Lechenault : « Je n’ai jamais baissé les bras même si parfois je me disais que j’en avais marre. »

Derrière ce sourire de jeune femme se cache des heures et des heures de travail à l’entrainement. En effet, Oréane Lechenault est passée de quelques heures d’entrainement pour arriver jusqu’aux Jeux Olympiques. Pour cela, elle a dû quitter sa famille pour partir à Créteil puis Toulon pour enfin aller s’entraîner à l’INSEP. Elle a vécu de grands moments avec l’équipe de France et elle ne risque pas de les oublier. Malheureusement dans une carrière de gymnaste il y a des hauts et des bas. Oréane a eu une période assez compliquée avec beaucoup de blessures qui se sont enchaînées mais elle n’a jamais baissé les bras pour revenir à son plus haut niveau. Et grâce à son courage et sa détermination Oréane vient de réaliser le quota de points pour réintégrer le collectif France. Entretien.

« C’était dur au début mais comme je progressais bien je m’y suis bien habituée. »

-L-S-E-P-I : Commençons par tes débuts. Un jour tu vois de la gymnastique à la télé, en voyant cela tu te dis que c’est ce que tu veux faire. Ta maman va donc t’inscrire dans un club de gym près de chez toi à l’Ancienne de Paris. Quelles ont été tes premières impressions sur la gymnastique ?

O.L : Pour moi cela fait déjà longtemps, mais je me souviens que j’aimais bien sauter et courir partout. Je voulais toujours être la première à faire les exercices et à montrer les exercices aux autres. On trouvait que je ne faisais pas assez d’heures car je voulais toujours bouger plus.

Espérais-tu un jour arriver jusqu’aux Jeux Olympiques ?

Quand j’ai commencé la gym c’était plus pour m’amuser, me dépenser et être avec mes amies. C’est après, quand je suis rentrée à Créteil ou au pôle que j’ai commencé à rêver comme toutes les petites filles d’aller aux Jeux Olympiques.

Après avoir passé quelques années dans ton club, tu es partie à Créteil en horaire aménagé. Comment s’est passé ce changement ?

Ça a été mais c’était un peu plus fatiguant. Déjà c’était plus loin de chez moi mais les heures d’entraînements en plus ne m’ont pas marqué plus que ça. Je pense que c’était dur au début mais comme je progressais bien je m’y suis bien habituée.

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« Plus les années avançaient plus je progressais. »

Ensuite tu as intégré le pôle de Toulon. A ce moment-là, tu as commencé à te rapprocher peu à peu de ton rêve. Comment se sont passées toutes ces années à Toulon ?

Les premières années ont été un peu compliquées pour moi avec l’éloignement de ma famille étant donné que je ne rentrais chez moi qu’une seule fois par mois. Souvent quand je repartais de chez moi je pleurais car j’avais l’habitude d’être tous les jours avec eux. Au niveau gym, on faisait beaucoup de musculation et plus de séances d’entraînements donc c’était un nouveau rythme à prendre. Mais j’ai aussi beaucoup progressé quand je suis arrivée au pôle. Déjà à ma première compétition avec le pôle j’ai terminé première. Et plus les années avançaient plus je progressais.

En 2015, tu as participé à beaucoup de compétitions avec l’équipe de France alors que tu n’étais qu’en junior. C’est beaucoup de pression pour une jeune gymnaste ?

C’était un peu compliqué pour moi de gérer mon stress en compétition. A ce moment, je ne croyais plus trop pouvoir aller aux Jeux mais je n’ai jamais baissé les bras et je suis bien remontée et je me suis qualifiée aux Jeux.

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« J’étais tellement heureuse d’avoir réussi mon mouvement que j’ai pleuré. »

En 2016, tu participes à tes premiers championnats d’Europe ! Vous aviez obtenu le bronze en équipe. Vous attendiez-vous à un tel résultat ? Quelles ont été vos réactions ?

On y pensait dans le coin de notre tête car on savait qu’on en était capable mais étant donné qu’on avait terminé huitième des qualifications, prétendre à une médaille était un peu compliqué. Après on avait fait beaucoup d’erreurs lors des qualifications. Mais sur le papier on en était capable si on faisait une belle compétition. Quand on a vu qu’on était troisième avec l’équipe, c’était vraiment magique. C’est un des plus beaux moments de ma carrière.

Cette même année tu participes également au test Event. La date limite pour qualifier la France aux Jeux Olympiques. Tu étais la dernière gymnaste à passer au dernier agrès. Si tu réussissais ton mouvement tu qualifiais la France mais si tu chutais, la France aurait pu ne pas partir à Rio. Expliques nous comment cela s’est déroulé ?

C’était vraiment le meilleur moment de ma carrière avant les Jeux. Quand j’ai fait mon dernier passage aux barres j’avais forcément beaucoup de pression car il fallait absolument que je réussisse mon mouvement pour l’équipe. Après mon passage, j’étais tellement heureuse d’avoir réussi mon mouvement que j’ai pleuré ! Je pense que c’était vraiment mon meilleur moment. J’ai vraiment tout donné puis avoir qualifié la France pour les Jeux était vraiment incroyable !

En août 2016, le pôle de Toulon a fermé. Tu as donc dû partir de cette belle structure qui t’as permise d’aller jusqu’aux Jeux Olympiques pour commencer une nouvelle aventure à l’INSEP. Comment as-tu vécu cette fermeture ? Et pourquoi avoir choisi l’INSEP ?

Cette fermeture a été super difficile pour moi car toutes mes amies qui étaient avec moi au pôle sont reparties sur l’île de la Réunion. C’était comme mes sœurs, je les voyais même plus que mes sœurs donc devoir les quitter a été vraiment dur. J’ai dû également quitter mes entraîneurs qui étaient incroyables. C’était comme des parents pour moi. Ça faisait depuis 2011 que j’étais au pôle donc devoir quitter cette structure m’a fait beaucoup de mal, c’était comme une grande famille et j’avais l’impression que tout se déchirait. Après on est toujours en contact les unes avec les autres et également avec les entraîneurs donc ça va mais c’était vraiment très compliqué. Je pouvais choisir dans quel pôle je voulais aller mais pour moi j’avais de la famille à Paris donc c’était plus simple.

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« Je n’ai jamais baissé les bras même si parfois je me disais que j’en avais marre. »

L’année post Olympique a été un peu compliquée pour toi. Tu as enchaîné les blessures, … Comment as-tu vécu ces moments difficiles ? Y a-t-il des jours où tu voulais tout arrêter ?

C’était quand même très compliqué. Déjà le changement d’entraîneurs, il a fallu s’adapter et ensuite j’ai eu beaucoup de blessures. Les deux chevilles, le dos… et enchaîner les blessures c’est super compliqué. Tu ne peux pas faire les compétitions, tu vois toute l’équipe qui se prépare et toi tu es blessée donc oui c’était hyper difficile. Après je n’ai jamais baissé les bras même si parfois je me disais que j’en avais marre d’être blessée. Pour l’instant ça va je n’ai pas de douleurs, je reprends bien donc ça devrait aller.

Avec ton club, l’élan gymnique rouennais vous avez terminé cinquième du top 12. Quelles étaient vos objectifs avec l’équipe ?

On n’a pas eu accès à la finale ou la demi finale car il nous manquait un point. Notre objectif était donc de terminer cinquième et nous l’avons fait ! Je savais qu’on en était capable mais on a tout donné.

Quelles sont tes objectifs pour cette année et les années à venir ?

Mon objectif principal était d’obtenir les 51 points pour entrer dans le collectif France et je l’ai réalisé lors du match de classement au top 12 avec mon club. J’aimerais également faire les championnats d’Europe et les championnats du monde. Ensuite, j’aimerais bien refaire les Jeux Olympiques ! Même si je les ai déjà faits une fois, c’est un moment inoubliable qui restera à jamais gravé dans mon cœur.

A l’heure d’aujourd’hui, que pourrions-nous te souhaiter de mieux ?

De ne plus avoir de blessures et de tout donner en compétitions.

 

Kentin & Sarah

Photo : Anh Viet Chau & Zoé Lesecq

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